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  • Photo du rédacteurKtyCat

Je m’appelais ROSA

J’étais une petite chatte de rien, tigrée, une gouttière, larguée avec ma fratrie sous une palette. . .

Sans eau ni nourriture jusqu'à ce que mort s'ensuive. Celle qu’on attend, le rendez-vous morbide irrémédiable quand on a trop soif ou trop faim. Je m’appelais ROSA, et j’ai ouï des bruits humains, des pas qui s’approchaient de la palette tueuse, et j’ai gémi, comme mes frères et sœurs de torture. Un bruit qui s’échappait des morceaux de bois, pour signaler la vie, là, entre les planches, des êtres sensibles qui luttent et qui s’accrochent par instinct. Nous étions là, dessous, blottis les uns contre les autres pour souffrir ensemble, se tenir chaud avant de se refroidir. Tous pétrifiés de peur, cherchant les mamelles de notre mère, tous perdus, un paquet de chatons jetés, refoulés, des déchets. . Et on a gémi tous ensemble, sous cette planche de bois, on miaulé notre existence, notre vie qui se perdait Et les voix ont été distinctes, des éclats, puis plus fort, on a été soulevés, et emportés loin de la palette tueuse. Voilà le début de ma vie, rescapée de l’horreur, j’ai survécu grâce à ce couple gentil, qui nous a tous sauvés. Moi la petite chatte de rien, j’ai aimé les hommes, les caresses, et je m’endormais toujours contre eux, leur peau, pour me sentir sécurisé et aimée. J’avais besoin d’amour, d’attention, plus qu’une autre, pour me rassurer, sortir de ma tête blessée ces souvenirs de la palette froide et aride. J’ai aussi beaucoup joué avec les autres chats de la maison, j’avais oublié mon passé, j’étais devenue facétieuse, coquine, toujours à la recherche de caresses, je mordais dans la vie, j’aimais vivre, j’étais heureuse. Jusqu’à ce jour où … Un monstre m’a tuée. Je n’avais que 3 ans. Mon procès est fixé pour le 11 septembre.


 

Tout le monde sauf vous, assoiffés de Justice, qui suivez les pages des martyrs ignorés, gommés, enterrés. Il y aura vous pour soutenir Alexia et ses parents, qui ont perdu un être qui leur était cher, qui aimaient Rosa autant que Rosa les aimait. Il y aura vous, qui êtes une force, car vous aimez les animaux qui ne sont que pureté et innocence, et qui méritent leur vie. Il y aura vous, derrière Rosa et son avocat, pour faire entendre la détresse des sans voix, du peuple de l’ombre, résigné et muet. Et quand le calvaire de ROSA sera évoqué, c’est toute la souffrance animale qui sera touchée, mise en relief, exacerbée par les larmes d’Alexia et les paroles de l’avocat

A.MORISSET



Mais il fallait interrompre ce fil du bonheur tranquille, il fallait le couper net, chirurgicalement,. Il fallait obscurcir cette vie sereine, un doux répit après l’abandon dans une palette de bois. Il fallait que l’homme qui l’avait abandonnée dans la palette resurgisse, déguisé autrement, mais toujours aussi cruel, pour s’en prendre à sa vie et couper sans états d’âme la trajectoire lumineuse du bonheur de Rosa, et des siens. Alexia pleure, elle ne montera plus sur son bureau se coucher sur les feuillets de ses cours, elle ne miaulera plus quand elle a faim, elle ne la suivra plus partout …

Elle a été tuée, est morte, et on ne sait même pas où est sa dépouille. Elle aura eu que trois années d’intermède de souffrance, aura repris confiance en l’humain pour finalement se faire massacrer. Car c’est bien d’un massacre dont on parle, les mots ne sont pas trop forts, Rosa est morte sous des coups, donnés dans une cave, elle aura souffert le martyr avant de succomber, une mort violente, méchamment donnée, une mort imméritée, sournoise et barbare.

On l'aura TA justice ROSA !


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